Sur la côte Nord-Est de la péninsule, entre les monastères d’Iviron et de Pantocrator, le monastère Stavronika se dresse au sommet d’un rocher abrupt, entouré d’une forêt de noyers.
Sa fondation se situe au début du 10ème siècle. Selon certains, les propriétaires-fondateurs seraient les moines Stavros et Nikitas, qui s’étaient retirés dans de petites cellules des environs, selon d’autres, ce serait un dignitaire de l’empereur Jean Tsimiski, Nicéphore Stravronikitos.
L’évolution du monastère est la même que celle des autres monastères du Mont Athos. Ainsi, à la période de prospérité suit une période des pillages, auxquels les monastères côtiers sont les plus exposés, et de dévastations lors de l’occupation franque. Le Monastère décline et finit par être complètement déserté. En 1287, il ne sera plus reconnu en tant que monastère autonome et sera placé sous la tutelle dans un premier temps du Monastère Koutloumoussiou, puis du Monastère Philothéou. En 1533, les bâtiments sont vendus à Grégoire, Higoumène du Monastère Giromeriou en Thespropia. Il va redonner vie au monastère, lui donnant le nom de Saint Nicolas. En 1536, le Patriarche de Constantinople, Jérémie I replacera le monastère dans la hiérarchie des monastères athonites.
Des témoignages écrits rapportent l’évolution matérielle du monastère. En 1607, un incendie ravage une grande partie des bâtiments dont la reconstruction est aussitôt entreprise. En 1627-1628, la restauration de l’église est exécutée. En 1630, les autorités turques autorisent l’édification de l’enceinte. C’est en 1667 qu’est bâtie la chapelle des Archanges. Ensuite, le souverain Vlache, Serban Kantakouzinou (1679-1688) finance la construction d’un aqueduc, aux arcades typiques. D’autres travaux sont accomplis, financés par le Monastère des Saints Apôtres de Bucarest dont le souverain vlache, Alexandre Gikas (1727-1740) en fera une annexe du monastère Stavronikita. Le réfectoire sera rénové en 1770.
Lors de la révolution grecque, les moines s’enfuient du monastère. Ils reviendront après 1830 et procèderont à la réparation des dégâts et à la construction de nouveaux bâtiments. Entre 1864 et 1880, des incendies vont détruire une partie des édifices, ainsi que des reliques ; la reconstruction se fera par les moines eux-mêmes.
De nos jours, des travaux de soutènement du rocher sont entrepris.L’église est consacrée à Saint Nicolas ; l’iconostase date de 1743. L’église, en raison de ses dimensions restreintes, se différencie des églises athonites.
Parmi les reliques se trouvent des icônes portatives, croix, ossements de saints et objets usuels, ainsi qu’une icône en mosaïque de Saint Nicolas le Streidas. Selon la légende, cette icône aurait été trouvée par des pêcheurs au fond de la mer, près du monastère auquel ils la confièrent. Un coquillage (en grec « streidas ») était collé sur le front du saint d’où le nom donné à l’icône.
LES MONASTERES DU MONT ATHOS
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