Il se trouve sur la côte nord-est de la péninsule. Entouré de collines verdoyantes, il est bâti en bord de mer, les soubassements en rocher sont mouillés par les flots. Plusieurs avis ont été donnés quant à l’origine de son appellation : sa situation « sphigmeni » (coincée) dans une crique par les collines environnantes ; le nom de « Esphagmenou » (abattu), rappellerait les massacres des moines lors des incursions de pirates auxquelles le monastère était particulièrement exposé ; ou enfin « esphagmenou » synonyme de « Estravromenu » (crucifié).

Selon la tradition, le monastère a été fondé au 5ème siècle par Pulchérie et son frère, l’empereur Théodosios II. Il est plus vraisemblable que la fondation date du 11ème siècle, puisque l’appellation « Esphigmenou » apparaît pour la première fois en 1045 dans les manuscrits athonites.

Le monastère, en raison de sa position, est exposé aux fréquentes incursions pirates. Néanmoins, des empereurs et despotes lui viennent en aide et il connaîtra la prospérité. D’importantes personnalités se retireront dans ce monastère : à partir de 1310, le patriarche de Constantinople, St Athanase, et en 1335, Grégoire Palamas, Archevêque de Thessalonique, connu pour son soutien aux moines athonites.

En 1469, le monastère pour faire face aux dommages causés par des incursions pillardes, vend sa propriété de Provlakas à la veuve du sultan Mourat II. En 1491, un incendie fait des ravages. Pendant l’Occupation turque, le monastère connaîtra des difficultés, comme tous les monastères.

Toutefois, il sera aidé par la Russie orthodoxe et le Tsar Alexis qui, en 1655, autorisera les moines à effectuer tous les 5 ans une quête en Russie, présentant des reliques saintes.
Le métropolite Grégoire Melenikos se retirera au monastère et, avec l’appui du patriarche Jeremy III, deviendra un important bienfaiteur. Le métropolite de Thessalonique, Daniel, apportera une aide spirituelle. A la fin du 17ème siècle, le patriarche œcuménique Grégoire V montrera également un intérêt personnel.

En 1821, le monastère prendra part à la révolution et, après la répression subie par les Turcs, il sera occupé pendant 10 ans par l’armée turque. C’est le moine Agathangelos Agiannitis qui assurera sa survie et aidera à sa reconstruction.

Le monastère est le seul des 20 monastères athonites à suivre l’ancien calendrier. L’église, reconstruite en 1806, est consacrée à l’Ascension du Christ.

Dans la bibliothèque du monastère, qui se trouve au-dessus du narthex de l’église sont conservés : 372 codex manuscrits, dont 75 sur parchemin, la croix de Pulchérie, une icône miraculeuse en mosaïque datant du 13ème, des icônes portatives, des objets usuels, des ossements de saints et un morceau de tissu brodé de la tente de Napoléon en Egypte.

LES MONASTERES DU MONT ATHOS

Dafni ] [ Karies ]
CARTES
Greek Version English Version German Version French Version