Ce Monastère est situé sur la côte Nord-Est de la péninsule, à une heure de marche de la mer et à 50 m d’altitude ; il est entouré d’une végétation luxuriante.

Il doit vraisemblablement son nom au moine Georges Chelandari qui, en 982, décide de s’approcher de la mer, léguant ses terres aux Ivirites. La construction dans laquelle il s’installe est considérée comme étant le point de départ du Monastère De Chelandriou, qui est mentionné pour la première fois en 1015, avec un higoumène grec. Le nom « Chilandris » vient du byzantin « Chelandrion » (sorte de chaland à rames). D’autres origines ont été données à ce nom, mais semblent souvent avoir une étymologie populaire imaginative.
En fait, les fondateurs sont deux moines serbes Savas et Simon, à l’origine Rastko et Stéphane Nemania, père et fils, prince et roi, qui ont abandonné la cour royale serbe pour se retirer, au 12ème siècle, au Monastère de Vatopédi. Il leur sera octroyé par celui-ci une cellule isolée.

Sur proposition émanant de Karyès, et notamment du « Proton », le monastère Chelandriou peut devenir indépendant, incluant uniquement des moines d’origine serbe. Cette proposition a été ratifiée par un chrysobulle d’Alexis Angelou en 1198. Savas est alors devenu l’archevêque de Serbie. Après leur mort, les deux moines ont été sanctifiés. Depuis lors, le monastère est un important centre spirituel de la foi orthodoxe serbe, d’où sont issus de nombreux membres de la hiérarchie ecclésiastique orthodoxe.

Le roi Michel VII le Paléologue a publié deux chrysobulle (en 1271 et 1277) en faveur du monastère, lui garantissant ses possessions. Son successeur, Andronikos II le Paléologue, fera de même par 33 actes pour des concessions et arrangements en faveur du monastère. Grâce à la générosité du souverain Stéphane Ourezi Miloutin, vers 1293, la nouvelle église, ainsi que les chambres d’accueil ont été construites et en 1302, la tour avec chapelle près de l’arsanat (bâtiment portuaire).

La prospérité du monastère se maintiendra grâce à la générosité des souverains serbes. Au 13ème siècle, le souverain serbe Stéphane Dousan et de son épouse Hélène, apporteront leur soutien au monastère.
Au début du 14ème siècle, les Catalans ont vainement tenté d’assiéger le monastère, protégé par son mur d’enceinte.
Pendant l’Occupation turque, le monastère sera soutenu par les souverains des pays danubiens, notamment Neagoe Basarab (1512-1521) qui lui octroie une rente annuelle.

Au cours du 17ème siècle, le monastère entreprend de nombreux chantiers : la restauration de l’aile sud-est (1610), les peintures murales du réfectoire (1622), l’embellissement de l’église (1632, 1633, 1635), la rénovation ou la reconstruction des cellules de l’aile Est, près de l’église (1640-1649), etc. La bibliothèque, datant du milieu de ce siècle, est considérée comme l’une des plus riches bibliothèques slaves.

En 1722, un incendie détruit la moitié des bâtiments du monastère qui sombre dans la pauvreté.
Il est rapporté qu’au cours des 17ème et 18ème siècles et début du 19ème, les moines serbes ne sont plus majoritaires.
Leur suprématie est peu à peu reconstituée dès le milieu du 19ème siècle. La révolution grecque (1821) est une période difficile pour le monastère que les moines abandonnent. Néanmoins, dès leur retour, ils ont entrepris les travaux de reconstruction et de rénovation.

Le monastère possède de nombreuses reliques, parmi lesquelles des croix et des icônes remarquables, telle celle de la Vierge « Tricherousa ».
L’église est consacrée à la Présentation de la Vierge. Elle a été construite au 13ème siècle, ses peintures murales datent du 14ème, mal repeintes au 19ème ce qui a entraîné la dégradation d’œuvres de l’Ecole Macédonienne.

LES MONASTERES DU MONT ATHOS

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