AMMOULIANI / RENSEIGNEMENTS

Distance de Ierissos 6 kilometres
Distance de Thessalonique 121 kilometres
Bureau Municipal Local 2377031032
Medecin 2377031306
Population 1156 habitants

Néa Roda est le plus grand village de réfugiés dans le Nord de la Chalcidique. Il a été fondé à l’endroit appelé « Provlakas » (littéralement « avant le ruisseau », ici avant le canal de Xerxès) par une quarantaine de familles de Rodiates, qui après une année d’errance juste après la catastrophe d’Asie Mineure, ont atteint la Chalcidique en 1923.

Roda, en Asie Mineure, se situait dans la région de Propontide, dans la mer de Marmara ou « Mer de l’hellénisme » sur la côte ouest de la presqu’île de Kyzikinis, au nord de Artakis et Gonias, et au sud de Haraki. En 1901, 700 Grecs vivaient dans ce village. Selon la tradition et les dialectes il s’agissait de colons venant de Rhodes. Dans le village vivaient également une centaine de Turcs qui étaient venus de Koutali en 1700.

Les récits présentent le village et aussi toute la région comme un paradis : mer riche, sol fertile. Ils produisent des vers à soie, du granit en blocs, des poissons, fruits, olives, raisins, oignons et beaucoup d’autres produits qu’ils exportent en bateau vers Istanbul. Ils ont trois églises (Saint Démètre la plus grande) et une école de haut niveau. Jusqu’en 1912, ils vivent heureux. Arrivent alors les Turcs. Dans tous les villages grecs d’Asie mineure règnent alors la peur des massacres et de l’exil. L’aboutissement en est le bien tristement connu mois août 1922. Les Rodiates se sauvent immédiatement : soit pour Mytilène à bord de deux bateaux, soit pour l’île voisine, Aloni, et ensuite l’île de Marmara, d’où après 20 jours ils embarquent sur le bateau « Propontis » qui les laissent à Thessalonique, à Karabournaki, pour terminer à Sainte Barbe à Ano Toumba (Thessalonique) d’où ils se dispersent en petits groupes.

Ceux venus de Mytilène en 1923 trouvent la région de l’actuelle Ouranoupolis, trop étroite et petite, et résident quelques mois à Ierissos, proposant pour l’installation de leur nouveau village le versant près du port. Devant l’opposition des autochtones qui craignent une future union des villages, ils choisissent finalement « Provlaka » et lui donne le nom de « Néa » (nouvelle) Roda.


Le nouveau village attire de plus en plus de réfugiés. Beaucoup arrivent par petits bateaux de Skopia (ou « les Skoupia » ou « la Skoupia »), situé sur l’île d’Aloni, en face et très près de Roda. Les habitants étaient surtout marins ou commerçants. Pieux, la première chose qu’ils emportent avec eux est l’icône miraculeuse de la Vierge, qui, de nos jours, les protègent et fait leur fierté. Des familles arrivent également de Thrace orientale, de Haraki et de Gonia de Kyzikou. D’ailleurs, les Rodites réfugiés dans d’autres endroits, avertis, rejoignent aussi Néa Roda.

A partir de juin 1924, les derniers grecs d’Asie Mineure sont déracinés et entrent en Grèce, à la recherche d’une nouvelle patrie. Enfin, en 1926, arrive un dernier grand groupe de Kappadokia. Situé aux environs de Nigdis en Kappadokia, l’Antaval (ou « Antavalis » ou « Antivalon »), village grec mais turcophone de 1800 habitants est la patrie de ce groupe.. L’église Saint Constantin est un bâtiment datant de l’an 500 et des vestiges sont encore préservés de nos jours.
Le nom du village vient sans doute du verbe « s’opposer » (« antivallo ») en raison du litige permanent avec les Turcs. De cet endroit rocheux, pauvre et stérile, les hommes sont souvent contraints de partir travailler périodiquement à Istanbul. Entre 1913 et 1923, ils souffrent beaucoup des pillages turcs et craignent constamment pour leur vie. Lorsque l’ordre est donné d’abandonner les foyers, avec à la tête le prêtre Agathangelo, ils partent avec leurs charrettes vers Nigdi-Oulougousla et descendent sur Mersine. Après un ou deux mois, ils atteignent St Georges du Pirée, puis Thessalonique. De là, nombre d’entre eux passent à Pyrgadikia, Ouranoupolis et Organi, mais en raison de la malaria et de la misère, ils arrivent finalement dans la région. Pendant cinq ans, ils restent aux alentours, et ensuite, avec l’aide de l’état, s’installent et donnent au village de Néa Roda son aspect actuel.

Les années qui suivent sont difficiles pour tous les habitants. Le mal du pays ne les quitte pas et ils formulent sans cesse ce souhait « à la nôtre et à la patrie ». Le désir d’un nouveau démarrage est pourtant très fort. Peu à peu ils partent en mer pêcher, cultivent la terre, progressent peu à peu.

Il ne reste plus beaucoup de représentants de cette génération qui se souviennent de cette période. La connaissance de cette période de l’histoire est pourtant très importante pour les plus jeunes.

LA REGION

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