STRATONIKI/RENSEIGNEMENTS

Distance de Ierissos 27 kilometres
Distance de Thessalonique 85 kilometres
Poste de Police 2376041214
Bureau communal 2376041217
Centre medical 2376041214
Population 788 habitants

Les mines et leur histoire

Les mines de Kassandra se trouvent au nord-est de la Chalcidique, couvrant une superficie totale de 200 km² entre Olympiada, Stanos, Mégali Panagia et Ierissos. Elles se composent de gisement de minerais sulfureux et de métaux précieux à Olympiada, Madem Lakkos, Mavrès Pétrés, de gisements de manganèse et d’or à Piavitsas et Varvara, et de gisements de cuivre et d’or à Skouria, Mégali Panagia. Récemment, les Mines de Kassandra ont été cédées par TVX Hellas Compagny à la société KINROSS Gold Corporation. Elles sont actuellement en période d’inactivité depuis la fermeture des mines de Madem Lakkos et des installations minières de Stratoni.
Au nord de la Chalcidique, à Stratoni et Olympiada, les gisements d’or, d’argent, de plomb, de zinc, de manganèse et de cuivre ont été la principale richesse économique du royaume de Macédoine et ont financé les campagnes d’Alexandre le Grand. Dans la région, plus de 300 puits sont conservés et environ 200.000 m3 d’anciens déchets minéraux (1). Selon des sources historiques et les résultats des différentes analyses de ces déchets minéraux, le début de l’exploitation des mines remontrait au début de l’Antiquité.
En 1705, selon un édit du sultan, les habitants de la région ont obtenu le droit d’exploiter les mines d’argent. A cette époque, il s’y trouvait également un hôtel de la monnaie. Avec l’extraction et la fusion des minerais sulfureux et du manganèse, la région assurait la production d’or et d’argent à la « Grande Porte ». Une information particulièrement intéressante est donnée par Belon : l’usage dans la région d’un vocabulaire technique allemand.
L’appellation des mines de Kassandra apparaît en 1893 (2), lorsque l’exploitation de la région (3) est accordée à une compagnie franco-ottomane dont le siège est à Paris. Ce nom était celui de l’actuel département de la Chalcidique. Dans les 600 fournaises de la région travaillait une communauté internationale de 6.000 ouvriers, sur une base de cinq jours par semaines, les juifs ne travaillant pas le samedi, les chrétiens le dimanche.

Le 19ème siècle correspond pour les « Mademochoria » (4) le passage au travail sous le contrôle d’un conseil d’entreprise pour l’exploitation des mines. Jusqu’en 1900, 72.000 tonnes de minerais ont été traitées dans les fournaises de la compagnie. L’entreprise exploitait les minerais dérivés du manganèse, les couches ferreuses de Mavrès Pétrés, de Piavitsas, de Basdekiou et d’Olympiada. L’exploitation souterraine du sulfure de fer commence en 1901, à Madem Lakko, et dure jusqu’en 1974.
Dans les années 20, les mines de Stratoni entrent dans l’avant-dernière période contemporaine d’exploitation. La Société Anonyme des Produits Chimiques et Engrais succède à la compagnie franco-ottomane (5). La compagnie s’assurait ainsi l’approvisionnement en soufre, matière première pour la fabrication d’engrais dont elle avait prévu la nécessité d’une large utilisation pour le développement de l’agriculture dans le pays. La société achète les mines de Stratoni, de Chypre, d’Ermionis, d’Oropos et de Koronis et crée une usine d’engrais à Drapetsona.


Les logements des ouvriers et les espaces d’utilité publique se trouvent aux approches des mines, sur les hauteurs, avec une vue sur le golfe de Ierissos. Ces installations ont été léguées à la Société anonyme des Produits Chimiques et Engrais par la compagnie franco-ottomane. La situation choisie est directement liée au fait qu’à cette époque, l’activité minière se limitait à la galerie 323, aujourd’hui fermée. A Stratoni, se trouvait un quai de chargement du minerai, transporté par un Decauville de 6 kilomètres, remplacé en 1932 par un système de transport à ciel ouvert.
L’augmentation des activités a entraîné la construction de nouvelles installations, essentiellement à caractère fonctionnel, au niveau de la galerie 262, qui est encore la galerie principale. Il s’agit de l’unité de distribution de l’électricité et de production de gaz comprimé, de l’atelier mécanique, des bureaux et des postes de garde. La production d’électricité par vapeur se trouvait sur la plage de Stratoni.
L’évolution de Stratoni en lieu de résidence a commencé avec l’arrivée, après la catastrophe d’Asie Mineure, des réfugiés du village minier Balia-Madem, près d’Ellispontos. Ils se sont installés provisoirement dans des cabanes. Des témoignages verbaux certifient que les habitants de Balia étaient venus pour trouver du travail à cet endroit bien avant ces événements. Après le grand séisme de 1932, qui a provoqué la destruction de nombreuses habitations dans toute la région, commence, sous contrôle de l’Etat, la reconstruction dont bénéficie également Stratoni. Il s’agit de maisons typiques dont quelques-unes ont pu être sauvegardées jusqu’à aujourd’hui.

Après la deuxième guerre mondiale, la majorité des actions de la Société Anonyme des Produits chimiques et engrais est rachetée par Bodosakis Athanassiadis, qui a activement relancé la branche minière, notamment à Stratoni (6).

Dans les années 70, la Société Anonyme des Produits chimiques et engrais construit en bord de mer, à Stratoni, une usine d’enrichissement et commence la production de minerais sulfureux. En même temps, commence la construction d’une série de maisons à deux étages (110) pour les ouvriers et de maisons individuelles, pour les cadres.
En février 1967, le nouveau quai de chargement, terminé en trois mois, a été inauguré. A la fin des années 70, à l’entrée du village l’Organisme de Logements Ouvriers a réalisé la construction des fameux groupes de maisons ouvrières.

Dès 1960, la Compagnie a accordé à l’Anglais Julien Hander, le droit d’exploiter les gisements de manganèse à Piavitsa. L’extraction du manganèse a diminué progressivement, pour s’achever dans les années 1980. C’est sur la route entre Stagira et Neohori que l’on peut voir les restes de la mine de Hander (notamment l’usine d’enrichissement), ainsi que les puits d’extraction du manganèse. Cet emplacement a d’ailleurs pris le nom de « Hander ».
A Olympiada, les gisements de plomb, de zinc, d’or et d’argent ont été découverts par la société Anonyme des Produits chimiques et engrais vers la fin des années 60. L’extraction a commencé en 1972 pour se terminer en 1995.
En 1976, une nouvelle usine d’enrichissement est construite à Olympiada, les produits terminés partent directement pour chargement sur le quai de Stratoni. Récemment, la totalité des installations et droits d’exploitation des Mines de Kassandra ont été cédées par la société canadienne TVX à KINROSS Gold Corporation.


(1) G. Perantonis, Mines sulfureuses de Kassandra, Madem Lakko et Olympiada. Rapport de réunion « Richesse minière du sud de la Chalcidique – Environnement » Chambre Géotechnique de Thessalonique, 1994, page 113.
(2) La participation des Mademohoria à la révolution de 1821 a eu pour conséquence l’installation dans la région de 10.000 militaires pour la protection des mines. La maintenance de ces hommes est assurée par les habitants. Ainsi, dès la deuxième moitié du 19ème siècle, les mines traversent une période de crise dont elles se sortiront lors de la fondation de la société franco-ottomane, appelée « Mines de Kassandra ». A partir de 1893, cette société a le droit d’exploiter l’antimoine, le plomb, l’argent et le manganèse.
(3) Déjà, dès 1705, un édit du sultan, donne le droit aux habitants d’exploiter les mines d’argent. En même temps, dans la région se trouvait un Hôtel de la Monnaie. Les preuves de l’octroi de ces droits sont sauvegardées dans les Archives Historiques de la Macédoine.
(4) Douze villages composaient les « Mademohoria » dont Neohori, Stagira, Stratoniki, Stratoni, …
(5) La Société Anonyme des Produits Chimiques et Engrais a été fondée en 1909 à Athènes par Nicolas et Angelo Kanellopoulos, Lisimaho Harilaos, Alexandre Zahariou, Léon Iconomidis et Léonidas Arapidis. Elle produisait des produits acides à usage industriel, des engrais phosphoriques et rapidement a étendu ses activités à l’industrie du verre.
(6) En 1956, la Société Anonyme des Produits Chimiques et Engrais fonde une école d’apprentissage et de formation de cadres de la société, à Stratoni. En 1966, elle publie le magazine « Le Monde des Mines », s’adressant presque exclusivement aux ouvriers et à leurs familles, si l’on s’en tient au contenu du premier numéro.

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